Affichage des articles dont le libellé est résolution 1973. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est résolution 1973. Afficher tous les articles

dimanche 20 mars 2011

résolution n° 1973 activée

Certains crient au loup avec le début des opérations militaires menées par des nations en application des directives de la résolution 1973 dont l'objectif est la défense des populations civiles. Il est difficile pour nous citoyens du monde d'aller à l'encontre de cette résolution qui est le fruit d'une longue tractation entre les membres du conseil de sécurité en accord avec les forces populaires qui se sont soulevées contre le régime génocidaire de Khadafi. Il et du devoir de l'Onu de secourir des populations menacées. Cela ne s'est pas toujours fait précédemment et c'est regrettable et il est possible que cela ne se fasse pas ailleurs aujourd'hui et demain mais nous nous devons de faire avancer les lois sur la question afin que nul ne puisse être menacé pour s'être exprimé. L'attitude criminelle de khadafi à l'encontre du peuple Libyen  est inadmissible et ne peut pas être laissée menée sans action internationale qui fut menée après l'appel du peuple libyen et en accord avec la ligue arabe.

Ce texte s’inscrit dans le cadre du chapitre 7 de la Charte qui définit les conditions dans lesquelles l’ONU peut autoriser le recours à la force armée. Rien à voir avec l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis, qui agissaient en dehors du cadre de l’ONU.
·         La résolution vise les condamnations par la Ligue arabe, l'Union africaine et le secrétaire général de l'Organisation de la Conférence islamique, des violations graves des droits de l'homme (C’est le cadre civil courant) et du droit humanitaire international (C’est un conflit armé interne). L’accusation de l’interventionnisme occidental s'en trouve très affaiblie.
·         Le texte permet d’aller très loin, car tous les moyens militaires pertinents peuvent être utilisés pour « protéger les civils et les zones peuplées par des civils ».
·         Les bateaux et avions se rendant en Libye pourront être inspectés pour vérifier la présence d’armes, ce qui au passage rappelle qu’un Etat ne peut de lui-même procéder à ce type de contrôle.
·         Cette résolution est un précédent, qui aurait été impensable sans le contexte des révolutions arabes, et les principes posés  ont vocation à s’appliquer à des situations similaires.



Tahar Houhou , membre du congrès des peuples,

samedi 19 mars 2011

Appel des citoyens du Monde

LES CITOYENS DU MONDE APPELLENT
A UN CESSEZ-DE-feu en libye
et a L’ouverture de negociations
pour une nouvelle republique libyenne


 Dans un message du 15 mars 2011 au Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon, le Professeur René Wadlow, Représentant en Chef auprès de l’Office des Nations Unies à Genève de l’Association of World Citizens (AWC), a exhorté le Secrétaire Général à prendre l’ascendant en appelant à un cessez-le-feu en Libye qui mît fin aux hostilités en cours et à l’hémorragie de réfugiés. En se prolongeant et s’intensifiant, le conflit ne fait que placer un insupportable fardeau sur des lieux de soins médicaux déjà débordés et sur l’approvisionnement visant à répondre aux besoins élémentaires de la population.

          Un cessez-le-feu constituerait aussi un premier pas en direction de négociations menant à un nouvel ordre constitutionnel et à une nouvelle République libyenne dont le fondement démocratique serait des plus larges.

          Dans leur message, les Citoyens du Monde ont affirmé que les discussions actuelles entre quelques gouvernements et les organisations intergouvernementales au sujet de la proclamation d’une zone d’exclusion aérienne tandis que le conflit se poursuit n’étaient pas à même d’aborder le cœur du problème. La vraie question est de savoir comment aboutir à une fin des combats qui ait fait l’objet d’un accord préalable, puis d’ouvrir la porte à la nécessaire restructuration constitutionnelle du pays et à la création d’une République libyenne de large fondement démocratique.

          Selon l’exemple des révolutions non-violentes de Tunisie et d’Egypte, des protestations contre le fonctionnement politique et économique de la Libye ont éclaté. Plutôt que d’entamer le dialogue, les autorités libyennes ont entrepris une politique de répression, laquelle a conduit à la violence à grande échelle que nous voyons aujourd’hui, provoquant par là même un flot massif de départs de travailleurs immigrés du pays ainsi qu’un important déplacement interne de Libyens.

          Seul un cessez-le-feu permettra le début d’un traitement en profondeur des questions constitutionnelles fondamentales que le pays a affrontées depuis l’Indépendance. Lorsque celle-ci est survenue en 1951, l’autorité reposait sur le Roi Sayyid Idriss as-Sanoussi (1890-1983), dirigeant d’une importante fraternité islamique qui se montrait de longue date plus soucieuse de réformes religieuses que de la structure du gouvernement ou de la qualité de l’administration. Son gouvernement possédait quelques attributs de décentralisation et de fédéralisme, mais reposait pour beaucoup sur des confédérations tribales qui existaient depuis bien plus longtemps. (1)

          Quand les officiers de l’armée menés par le Colonel Muammar Kadhafi prirent le pouvoir à l’occasion d’un coup d’Etat en septembre 1969, la discussion s’engagea pendant un cours laps de temps quant à la forme de gouvernement qu’il convenait de développer. L’idée d’un pouvoir plus centralisé faisait l’unanimité, de même que la conservation des politiques de l’ancien roi et de la Fraternité Sanoussi en matière de religion – ce qui prit le nom de néo-salafisme. Cependant, afin de ne pas mettre d’obstacles à la future unité arabe, aucune structure étatique basée sur un accord constitutionnel ne fut officiellement créée.

          Le colonel Kadhafi voulait se débarrasser du gouvernement de type parlementaire et des élections visant à élire une représentation, ce au profit de comités populaires, d’un congrès du peuple et de comités révolutionnaires, tous tenus ensemble par les présomptions idéologiques de la Troisième Théorie Universelle de Kadhafi – un concept qui englobe l’anti-impérialisme, l’unité arabe, le socialisme islamique et la démocratie populaire directe. (2)

          Des désaccords sur la nature de l’Etat menèrent à d’importantes divisions au sein du cercle dirigeant, notamment en 1975. Cependant, toute discussion ouverte sur la nature de l’Etat, sur la relation entre l’Etat et la société, ou encore sur la place des tribus et des fraternités religieuses, était considérée subversive, revenant à une trahison. En pratique, bien que non en théorie, le processus de décision demeurait entre les mains du colonel Kadhafi, de sa famille, de ses amis et de ses alliés tribaux. (3)

          Sur le court terme, les négociations suivant un cessez-le-feu pourraient conduire à la prorogation de la structure libyenne du pouvoir concentrant celui-ci en le seul colonel Kadhafi, ainsi que ses fils et leurs alliés. Toutefois, le degré de violence constitue une indication claire de ce que la structure de l’Etat ne fonctionne pas, et que, quoi que l’on puisse lui reprocher par ailleurs, un parlement permet à certaines des exigences du peuple d’être entendues et crée des garde-fous à l’exercice du pouvoir.

          Historiquement, en Libye, il existait seize tribus marabtin renommées pour leur sagesse religieuse, lesquelles servaient de médiatrices et d’arbitres au sein des structures politiques de la Libye tribale d’avant la colonisation. Cette tradition de médiation réconciliatrice existe peut-être encore, ce qui signifie que recourir aux voies traditionnelles de médiation devrait être envisagé de manière sérieuse.

          Un cessez-le-feu doit être un premier pas, et l’ONU, l’institution la plus appropriée pour maintenir ensuite le cessez-le-feu tandis que les négociations constitutionnelles commenceront.

1)      Pour une analyse utile des structures de gouvernement libyennes, voir J. Davis, Libyan Politics, Tribes and Revolution (Londres: I.B. Tauris, 1987)
2)      Voir M.M. Ayoub Islam and the Third Universal Theory: The religious thought of Muamar al Qadhafi (Londres: Kegan Paul, 1987)
3)      Voir René Lemarchand (Ed). The Green and the Black: Qadhafi’s Politics in Africa (Bloomington: Indiana University Press, 1988).