lundi 30 janvier 2012

Démocratie en panne au Sénégal

Le chanteur sénégalais Youssou Ndour a appelé lundi la communauté internationale à exprimer son désaccord après la confirmation, dans la nuit, par le Conseil constitutionnel du Sénégal de la liste des candidats à la présidentielle de février qu'il avait publiée vendredi.
"Le Sénégal a honte. Le Sénégal est meurtri. Le processus de coup d'Etat constitutionnel est consommé. 52 ans de construction démocratique viennent d'être balayés", a déclaré Youssou Ndour interrogé par la radio française RFI. "Le Sénégal et son peuple ont mal. Nous avons été trahis par cette décision honteuse. J'ai dit bien honteuse...", a-t-il poursuivi sur les ondes de Radio France Internationale. "J'appelle, donc, toutes les forces vives de ce pays, nos frères africains, la communauté internationale a exprimé son désaccord face à ce coup d'Etat institutionnel et constitutionnel. Le combat continue, parce que dieu est avec les justes", a lancé le chanteur






http://www.europe1.fr/International/Senegal-Youssou-Ndour-lance-un-appel-925507/

mardi 24 janvier 2012

Amnesty: rencontre publique



Pour rappel, le 18 décembre 2011 était la journée mondiale d'action globale contre le racisme et pour les droits des migrants, réfugiés et personnes déplacées.

Un lien pour de plus amples informations : ici


Rappel: la charte des migrants :

http://amip-cdp.blogspot.com/2011/12/charte-mondial-des-migrants.html

lundi 19 décembre 2011

La CPI confirme la libération de Mbarushimana

La Cour pénale internationale (CPI) a confirmé lundi la remise en liberté du haut dirigeant des rebelles hutus rwandais Callixte Mbarushimana, contre lequel elle avait déjà refusé vendredi de confirmer les charges, mais l'accusation a interjeté appel de ces décisions.

 
Callixte Mbarushimana, 48 ans, secrétaire exécutif des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), avait été arrêté le 11 octobre 2010 à Paris où il vivait depuis 2002, en vertu d'un mandat d'arrêt de la CPI. Transféré à La Haye le 25 janvier, il a toujours clamé son innocence.
Photo: Jerry Lampen, Archives AFP

La Syrie accepte la présence d'observateurs de la Ligue arabe

Damas a signé l'accord de la Ligue arabe acceptant la présence en Syrie d'observateurs de l'organisation panarabe, a annoncé lundi le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al-Moallem.
"La signature du protocole (d'accord) est le début de la coopération entre nous et la Ligue arabe. Les observateurs de la Ligue arabe sont les bienvenus chez nous", a commenté devant la presse à Damas le chef de la diplomatie syrienne.
Le mandat des observateurs sera d'une durée d'un mois renouvelable sur accord des deux parties, a-t-il précisé. Ces observateurs seront "libres" de leurs mouvements et "sous la protection du gouvernement syrien", mais ne seront pas autorisés à se rendre sur les sites militaires confidentiels, selon le ministre.
La Syrie a donné le mois dernier son accord à un plan de sortie de crise de la Ligue arabe, en vue de mettre fin à la répression du soulèvement contre le régime du président Bachar el-Assad, depuis mars dernier.
Ce plan prévoit le retrait des forces syriennes déployées dans les rues des villes du pays, l'ouverture de pourparlers avec l'opposition, l'accès du pays à la presse et aux organisations humanitaires, ainsi que la présence d'observateurs de la Ligue arabe. En dépit de cet accord, la Syrie a posé des conditions rendant sa mise en oeuvre impossible.
La Ligue arabe avait donné jusqu'à mercredi à Damas pour signer cet accord. L'organisation panarabe menaçait, dans le cas contraire, d'en référer au Conseil de Sécurité des Nations unies. Selon l'ONU, la répression du soulèvement en Syrie a fait 5.000 morts depuis mars.
Au Caire, le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil Elaraby a déclaré qu'une délégation de l'organisation se rendrait en Syrie "d'ici un jour ou deux". Cette délégation examinera les questions juridiques, administratives et financières en vue de former les équipes d'observation. "Chaque groupe d'observateurs sera composé de dix personnes ou plus, et se rendra en différents endroits", a expliqué M. Elaraby. AP  voir article ici

Raza Ghazawi est libre

RAZAN GHAZZAWI - LIBEREE SOUS CAUTION / RELEASED ON BAIL.

FR. Selon le Centre syrien pour l'information et la liberté d'expression, Razan Ghazzawi, libérée dimanche à 22 h 30" (21 h 30, heure française) contre une caution de 15.000 livres syriennes (soit environ 230 euros, 300 dollars), doit être jugée pour avoir "affaibli le sentiment national", "créé une organisation qui vise à changer le statut social et économique de l'Etat" et "avivé les dissensions confessionnelles". Elle est passible de trois à quinze ans de prison.

Les autorités syriennes avaient arrêté Razan Ghazzawi à la frontière jordanienne le 4 décembre, alors qu'elle se rendait à Amman pour participer à un atelier sur la liberté de la presse dans le monde arabe.
Elle anime depuis 2009 un blog "Razaniyyat" , et y a vivement critiqué le régime syrien.

ENG. According to the Syrian Centre for Media and Free Expression, "Razan Ghazzawi was released from detention at 10:30 pm (2030 GMT) Sunday on bail of 15,000 Syrian pounds (around 300 dollars, 230 euros). She was referred to court and charged on three counts of "establishing an organisation that aims to change the social and economic status of the state," weakening national sentiment", and "stirring racial and religious dissent". She could face three to 15 years in jail.

Syrian authorities arrested Razan Ghazzawi at the border with Jordan on 4 December as she headed to Amman to take part in a workshop on press freedom in the Arab world.
She has been blogging on her "Razaniayat" website since 2009 and has expressed strong criticism of the Syrian regime

dimanche 18 décembre 2011

Charte Mondial des migrants

"Les personnes migrantes sont les cibles de politiques injustes. Celles-ci, au détriment des droits universellement reconnus à chaque personne humaine, font s’opposer les êtres humains, les uns aux autres en utilisant des stratégies discriminatoires, fondées sur la préférence nationale, l’appartenance ethnique, religieuse ou de genre. Ces politiques sont imposées par des systèmes conservateurs et hégémoniques, qui cherchent à maintenir leurs privilèges en exploitant la force de travail, physique et intellectuelle des migrants. Pour cela, ils utilisent les prérogatives exorbitantes permises par la puissance arbitraire de l’État Nation et du système mondial de domination hérité de la colonisation et de la déportation. Ce système est à la fois caduque, obsolète et génère des crimes contre l’humanité. C’est la raison pour laquelle il doit être aboli.
Les politiques sécuritaires mises en place par les États Nations font croire que les migrations sont un problème et une menace alors qu’elles constituent depuis toujours un fait historique naturel, complexe, certes, mais qui loin d’être une calamité pour les pays de résidence, constituent un apport économique, social et culturel inestimable.
Les migrants sont partout privés du plein exercice de leur droit à la liberté de circulation et d’installation sur notre planète.
Ils sont également privés de leurs droits à la paix ainsi que de leurs droits économiques, sociaux, culturels, civiques et politiques pourtant garantis par différentes conventions internationales.
Seule une large alliance des personnes migrantes pourra promouvoir l’émergence de droits nouveaux pour toute personne de par sa naissance sans distinction d’origine, de couleur, de sexe ou de croyance. Pour cela, cette alliance des migrants devra leur permettre, autour de principes éthiques, de contribuer à la construction de nouvelles politiques économiques et sociales. Elle devra leur permettre aussi de contribuer à une refonte de la conception de la territorialité et du système de gouvernance mondiale dominant actuel et de son soubassement économique et idéologique.
C’est pourquoi nous, migrants du monde entier, à partir des propositions qui nous sont parvenues depuis 2006 et après une large discussion à l’échelle planétaire, adoptons la présente Charte Mondiale des Migrants.
Notre ambition est de faire valoir à partir des situations que vivent les migrants dans le monde, le droit pour tous de pouvoir circuler et s’installer librement sur notre planète, et de contribuer à la construction d’un monde sans murs.
Pour cela, nous, personnes migrantes qui avons quitté notre région ou pays, sous la contrainte ou de notre plein gré et vivons de façon permanente ou temporaire dans une autre partie du monde, réunies les 3 et 4 février 2011 sur l’Ile de Gorée au Sénégal,
Nous proclamons,
Parce que nous appartenons à la Terre, toute personne a le droit de pouvoir choisir son lieu de résidence, de rester là où elle vit ou de circuler et de s’installer librement sans contraintes dans n’importe quelle partie de cette Terre.
Toute personne, sans exclusion, a le droit de se déplacer librement de la campagne vers la ville, de la ville vers la campagne, d’une province vers une autre. Toute personne a le droit de pouvoir quitter n’importe quel pays vers un autre et d’y revenir.
Toutes dispositions et mesures de restriction limitant la liberté de circulation et d’installation doivent être abrogées (lois relatives aux visas, laisser-passer, et autorisations, ainsi que toutes autres lois relatives à la liberté de circulation).
Les personnes migrantes du monde entier doivent jouir des mêmes droits que les nationaux et citoyens des pays de résidence ou de transit et assumer les mêmes responsabilités dans tous les domaines essentiels de la vie économique, politique, culturelle, sociale et éducative. Ils doivent avoir le droit de voter et d’être éligible à tout organe législatif au niveau local, régional et national et d’assumer leurs responsabilités jusqu’à la fin du mandat.
Les personnes migrantes doivent avoir le droit de parler et de partager leur langue maternelle, de développer et faire connaître leurs cultures et leurs coutumes traditionnelles, à l’exception de toute atteinte à l’intégrité physique et morale des personnes et dans le respect des droits humains. Les personnes migrantes doivent avoir le droit de pratiquer leurs religions et leurs cultes.
Les personnes migrantes doivent jouir du droit d’avoir un commerce là où elles le désirent, de se livrer à l’industrie ou à l’exercice de tout métier ou de toute profession permis au même titre que les citoyens des pays d’accueil et de transit ; cela de façon à leurs permettre d’assumer leur part de responsabilité dans la production des richesses nécessaires au développement et l’épanouissement de tous.
Le travail et la sécurité doivent être assurés à toutes les personnes migrantes. Quiconque travaille doit être libre d’adhérer à un syndicat et/ou d’en fonder avec d’autres personnes. Les personnes migrantes doivent recevoir un salaire égal à travail égal et doivent avoir la possibilité de transférer le fruit de leur travail, les prestations sociales et de jouir de la retraite, sans aucunes restrictions. Tout cela, en contribuant au système de solidarité nécessaire à la société de résidence ou de transit.
L’accès aux prestations des services de banques et d’organismes financiers doit être assuré à toutes les personnes migrantes de la même manière que celui accordé aux nationaux et citoyens des pays d’accueil.
Tout le monde a le droit à la terre, qu’ils soient hommes ou femmes. La terre doit être partagée entre ceux qui y vivent et qui la travaillent. Les restrictions à l’usage et à la propriété foncière imposées pour des raisons d’ordre ethnique, national et/ou sur le genre, doivent être abolies ; cela au profit d’une nouvelle vision d’une relation responsable entre les humains et la terre, et dans le respect des exigences du développement durable.
Les personnes migrantes, au même titre que les nationaux et citoyens des pays de résidence ou de transit, doivent être égales devant la loi. Nul ne doit être séquestré, emprisonné, déporté ou voir sa liberté restreinte sans que sa cause ait été équitablement et préalablement entendue et défendue dans une langue de son choix.
Les personnes migrantes ont le droit à l’intégrité physique et à ne pas être harcelées, expulsées, persécutées, arrêtées arbitrairement ou tuées en raison de leur statut ou parce qu’elles défendent leurs droits.
Toute loi qui prévoit une discrimination fondée sur l’origine nationale, le genre, la situation matrimoniale et/ou juridique ainsi que sur les convictions doit être abrogée, quelque soit le statut de la personne humaine.
Les droits humains sont inaliénables et indivisibles et doivent être les mêmes pour tous. La loi doit garantir à toutes les personnes migrantes le droit à la liberté d’expression, le droit de s’organiser, le droit à la liberté de réunion ainsi que le droit de publier.
L’accès aux services de soin et à l’assistance sanitaire doit être garanti à toutes personnes migrantes, au même titre que les nationaux et les citoyens des pays d’accueil et de transit, avec une attention particulière aux personnes vulnérables. A toute personne migrante vivant avec un handicap doivent être garantis le droit à la santé, les droits sociaux et culturels.
La loi doit garantir à toute personne migrante le droit de choisir son partenaire, de fonder une famille et de vivre en famille. Le regroupement familial ne peut lui être refusé et on ne peut la séparer ou la maintenir éloignée de ses enfants.
Les femmes, tout particulièrement, doivent être protégées contre toute forme de violence et de trafic. Elles ont le droit de contrôler leur propre corps et de rejeter l’exploitation de celui-ci. Elles doivent jouir d’une protection particulièrement renforcée, notamment en matière de condition de travail, de santé maternelle et infantile, ainsi qu’en cas de changements de leur statut juridique et matrimonial.
Les migrants mineurs doivent être protégés par les lois nationales en matière de protection de l’enfance au même titre que les nationaux et les citoyens de pays de résidence et de transit. Le droit à l’éducation et à l’instruction doit être garanti.
L’accès à l’éducation et à l’instruction, du préscolaire à l’enseignement supérieur, doit être garanti aux personnes migrantes et à leurs enfants. L’instruction doit être gratuite, et égale pour tous les enfants. Les études supérieures et la formation technique doivent être accessibles à tous dans une nouvelle vision du dialogue et du partage des cultures. Dans la vie culturelle, dans les sports et dans l’éducation, toute distinction fondée sur l’origine nationale doit être abolie.
Les personnes migrantes doivent avoir droit au logement. Toute personne doit avoir le droit d’habiter dans l’endroit de son choix, d’être décemment logée et d’avoir accès à la propriété immobilière ainsi que de maintenir sa famille dans le confort et la sécurité au même titre que les nationaux et citoyens de pays d’accueil et de transit.
A toutes personnes migrantes, il faut garantir le droit à une alimentation saine, et suffisante, et le droit à l’accès à l’eau.
Les personnes migrantes ambitionnent d’avoir l’opportunité et la responsabilité, au même titre que les nationaux et les citoyens de pays d’accueil et de transit, de faire face ensemble aux défis actuels (logement, alimentation, santé, épanouissement...).
Nous, personnes migrantes, nous engageons à respecter et promouvoir les valeurs et principes exprimés ci-dessus et à contribuer ainsi à la disparition de tout système d’exploitation ségrégationniste et à l’avènement d’un monde pluriel, responsable et solidaire."
Vers une Institution Mondiale des Droits Humains
Lors de sa session de mai 2009, à Brasilia, le Congrès des Peuples a répondu à diverses interpellations concernant les droits de l'homme par l'invitation à créer une "institution mondiale (citoyenne) des droits humains". Cette institution serait constituée d'un corps juridique et social émanant des ONG ou organismes ou toute personne poursuivant les mêmes orientations pour la défense et la promotion des droits humains. La définition d'un "statut mondial de la migration" fait partie de cette démarche. Autrement dit, la charte proposée par l'Assemblée Mondiale des Migrants à l'occasion du Forum Social Mondial de Dakar, peut devenir le fondement du "statut mondial du migrant" si elle reçoit de la part des ONG, des citoyens et des élus un consentement significatif
Daniel Durand   lien complet  ici

Journée internationale des migrants

Le 18 décembre est célébrée la Journée Internationale des Migrants. C’est l’occasion, dans le monde entier, de réaffirmer et de promouvoir les droits des migrants. La date a été choisie il y a quatre ans par l’ONU pour attirer l’attention sur une convention adoptée par l’assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 1990 mais restée inapplicable faute de ratifications suffisantes.

Cette Convention pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et de leur famille concerne tous les migrants qui « vont exercer, exercent et ont exercé » un travail pendant « tout le processus de migration ». Pour tous, avec ou sans papiers, des droits fondamentaux sont réaffirmés en « considérant la situation de vulnérabilité dans laquelle se trouvent fréquemment les travailleurs migrants et les membres de leurs familles ».

Les migrants dans le monde
L’Europe accueille 15 Millions d’immigrés sur les 175 Millions de par le monde.
La Convention n’est entrée en vigueur que le 1er juillet 2003. A ce jour, 27 Etats l’ont ratifiée : seulement des pays d’émigration, aucun des pays les plus industrialisés. Depuis quatorze ans, la France, ses partenaires européens et la plupart des pays d’immigration de la planète éludent la ratification. Pourtant la défense des droits de l’homme a une portée universelle et ne peut donc pas exclure les migrants.

Pas de nouveaux droits

Depuis 1990, la précarisation des droits des migrants est en aggravation constante. L’Union européenne offre la libre circulation aux citoyens des Etats membres tout en durcissant, pour les autres, les règles de l’asile et du séjour ; le principe de non-discrimination inscrit dans le traité d’Amsterdam a pourtant exclu la discrimination fondée sur la nationalité.

Face à la dégradation des droits des migrants, les Nations unies ainsi que de nombreuses institutions européennes ou organisations de la société civile rappellent l’importance de la convention des Nations unies. Le gouvernement français qui prône un rôle accru des Nations unies dans les affaires internationales ne doit pas rester sourd à ces appels.

Pays signataires par ordre chronologique :
  • Egypte, Salvador, Maroc en 1993
  • Seychelles en 1994
  • Colombie, Philippines, Ouganda en 1995
  • Sri Lanka, Bosnie-Herzégovine en 1996
  • Cap Vert en 1997
  • Azerbaïdjan, Mexique, Sénégal en 1999
  • Ghana, Guinée Bissau, Bolivie en 2000
  • Belize, Uruguay en 2001
  • Equateur, Tadjikistan en 2002
  • Guatemala, Mali, Burkina Faso, Kirghizstan en 2003
  • Timor Occidental, Libye, Turquie en 2004.
Une convention internationale que la France n’a toujours pas ratifiée et a même aggravé  la situation des migrants voir lien ici